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03-06-2012  
 
           
 

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Et si le « Market Participant » détrônait la ménagère de moins de 50 ans ?

Publié au printemps 2009 pour clarifier la notion de juste valeur, le projet de l’IASB sur le « Fair Value Measurement », utilise plusieurs fois le concept de « Market Participant » ou intervenant de marché. (Voir à ce sujet l’article de P.Iweins in Option Finances -9/11/2009 : Vers un concept unique de la juste valeur).

Ce projet présente donc la juste valeur comme un prix de sortie attendu par les Market Participants. Toujours selon ce projet, ces derniers sont définis comme étant des acquéreurs ou vendeurs sur le marché le plus avantageux, indépendants, bien informés, capables et désireux de conclure la transaction.
 

Il s’agit d’un personnage de plus dans la galerie chimérique de la comptabilité et de la finance modernes aux côtés des « Users » et autres utilisateurs patentés des états financiers établis en IFRS qui dictent leur loi sans que l’on sache très bien qui ils sont. Sont-ils des analystes financiers, des lecteurs plus ordinaires, des « shareholders », ... ?

Au-delà de l’anecdote, les définitions données de ces utilisateurs, Market Participant et autres personnages fantastiques sont aujourd’hui dépassées ou trop restrictives pour être crédibles et/ou facilement utilisables. Il devient urgent de rénover le cadre conceptuel des normes IFRS, le trop fameux « conceptual framework » en lui donnant au passage toute la légitimité qu’il mérite.

De ce dernier point de vue, il convient de rappeler que si les normes IFRS ont été approuvées par l’Europe, le cadre conceptuel ne l’a pas été. Consciente de cela, l’IASB travaille à sa refonte. Celui-ci sera-t-il empreint d’un plus grand réalisme ? Et dans quel délai ?

Rapidité et réalisme. C’est ce que beaucoup espèrent. Mais quelques raisons peuvent en faire douter :

  1. Peu de membres de l’IASB, voire aucun, ne vient du monde de l’entreprise.
  2. Ce projet de norme entérine la primauté du marché alors même que la théorie de l’efficience des marchés est contestée par la réalité ou à tout le moins suscite des interrogations et des réserves (Voir l’article de D. Marteau In Options Finance – 2/11/2009 : Le dogme de la juste valeur remis en question).
  3. La gouvernance de l’IASB a commencé d’évoluer avec la création d’un organe de surveillance (Monitoring board) mais sans que cet organe n’ait de rôle actif sur l’agenda de l’IASB, lequel agenda ne serait d’ailleurs pas soumis à consultation publique. Cette revue serait effectuée par les trustees et le SAC (Standards Advisory Council).

En définitive, il est à craindre que le Market participant ne devienne comme la ménagère de moins de 50 ans, un concept vague mais néanmoins considéré comme déterminant dans les raisonnements à tenir, voire tyrannique. Notons pour la petite histoire que la ménagère en question est souvent perçue comme une femme austère, ni très aimable ni très subtile qu'il faut néanmoins savoir séduire parce que c'est elle qui dicte sa loi.

Quelle en serait la transposition à notre intervenant de marché ? Laissons le rêve fonctionner !

En 3 mots :

Primauté du marché : la juste valeur est définie comme le prix de sortie attendu par les Market Participants.

Concept nouveau en IFRS : le concept d’utilisation optimale de l’actif par un Market Participant, pour maximiser sa valeur.

Un peu suranné : ce projet de norme découle de la norme américaine FAS 157 conçue bien avant la crise actuelle !

 
   
 

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